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Salariés ambassadeurs : quels supports leur fournir ?

RecruteursPublié le Par Dorothée Chourrot, fondatrice de 1min pour 1job

Vous voulez que vos salariés parlent de l'entreprise sur LinkedIn ? Encore faut-il leur donner de quoi le faire. Une fois posées les bases du programme d'ambassadeurs, voici ce qu'il faut ajouter : des supports qui donnent envie de partager, et un cadre juridique à respecter.

Pourquoi leur fournir des supports

L'enjeu est réel. Dans son baromètre sur les entreprises du SBF 120, Havas Paris constate que les salariés qui parlent de leur entreprise génèrent 42 % d'engagement de plus que la page de l'entreprise elle-même (analyse de septembre 2023 à août 2025, relayée par Les Gens d'Internet). Mais la même étude note que les publications de salariés sans fonction d'encadrement se sont effondrées, au profit de managers et d'experts métiers, avec une lassitude face aux contenus d'entreprise trop formatés.

Autre repère, une estimation de LinkedIn reprise par l'étude MagicPost de septembre 2026 : environ 3 % des salariés partagent des contenus de leur employeur. La participation ne se décrète donc pas. Elle se mérite, avec des contenus dont les salariés sont fiers.

Les supports qui marchent

Pas besoin d'une plateforme complexe pour une PME. Une petite bibliothèque partagée suffit, avec des contenus variés :

  • Des vidéos courtes de salariés : un métier présenté en une minute, un parcours, une journée type.
  • Des photos du quotidien : l'atelier, le chantier, l'équipe au travail, un nouvel arrivant accueilli.
  • Vos offres d'emploi, rédigées pour être lues sur un téléphone, avec un lien direct pour postuler.
  • Des posts prêts à adapter : une proposition de texte que chacun reformule avec ses mots.
  • Les moments de vie : une réussite collective, un anniversaire d'entreprise, une action solidaire.
  • Des contenus d'expertise : un conseil de métier, un retour sur un salon, une actualité du secteur.

Parlez plus de vos équipes que de vos produits, et mettez vos salariés à l'honneur : c'est ce qui donne envie de relayer. Fournissez aussi un court guide de bonnes pratiques : ton, mentions des personnes, sujets à éviter, réaction en cas de commentaire hostile.

Droit à l'image : l'accord de chaque salarié

Dès qu'un salarié apparaît dans une vidéo ou une photo, son image est protégée. La CNIL rappelle que toute personne a sur son image un droit exclusif et qu'elle peut s'opposer à son utilisation. À propos de la photo d'annuaire, elle précise que l'employeur doit obtenir l'accord du salarié, donné sans ambiguïté, et recommande de le recueillir par écrit pour prouver l'accord et en fixer l'étendue (fiche de la CNIL).

En pratique, prévoyez une autorisation par salarié et par usage : quel support (site carrière, réseaux, annonces), pour quelle durée. Un accord donné pour un usage ne couvre pas les autres ; le Petit Juriste cite l'exemple d'un accord pour un magazine interne qui ne vaut pas pour une diffusion plus large. Et si un salarié demande le retrait d'une photo, faites-le sans tarder : dans une affaire jugée en 2022, des salariés avaient réclamé par courrier le retrait d'une photo de groupe publiée sur le site de leur entreprise, et la Cour de cassation a jugé que le non-respect de ce droit ouvre droit à des dommages et intérêts sans que le salarié ait à prouver un préjudice (Service-public.fr). La Cour de cassation l'a confirmé le 14 février 2024 (n° 22-18.014) : la seule atteinte au droit à l'image ouvre droit à réparation (Éditions Tissot).

Volontariat : on n'oblige personne

Un salarié reste libre de ne pas publier sur ses comptes personnels. L'article L1121-1 du Code du travail interdit en effet les restrictions aux libertés individuelles qui ne seraient ni justifiées par la nature de la tâche ni proportionnées au but recherché (Code du travail numérique). À notre lecture, imposer un rôle d'ambassadeur sur un compte privé serait difficile à justifier : présentez le programme comme une invitation, jamais comme une consigne.

Si vous formalisez des règles de conduite sur les réseaux sociaux, la forme compte. Dans un arrêt du 20 septembre 2023 (n° 21-18.593), la Cour de cassation a jugé qu'un document de « lignes de conduite » n'avait pas la valeur d'un règlement intérieur ni d'une note de service et ne pouvait pas, en l'état, être opposé au salarié (analyse de CMS Francis Lefebvre). Faites-vous accompagner par un juriste pour rédiger votre charte.

Liberté d'expression : un guide, pas un filtre

Les salariés s'expriment librement, dans et hors de l'entreprise. Cette liberté a des limites : propos injurieux, diffamatoires ou excessifs, et loyauté envers l'employeur, y compris hors du temps de travail. Toute sanction doit rester proportionnée (Eurojuris, à propos d'un arrêt du 15 juin 2022). L'enjeu n'est pas de relire chaque post, mais de donner des repères clairs.

Gardez aussi en tête que le caractère public ou privé d'une publication dépend du compte et de son paramétrage : un compte ouvert au public engage davantage.

Une check-list pour démarrer

  1. Choisissez deux ou trois formats que vous savez produire régulièrement.
  2. Recueillez les autorisations d'image par écrit, usage par usage.
  3. Proposez, ne contraignez pas.
  4. Montrez l'exemple : dirigeants et managers partagent en premier.
  5. Remettez à jour la bibliothèque, et retirez sans délai ce qu'un salarié demande de retirer.

Un programme d'ambassadeurs commence par des contenus vrais, tournés avec vos équipes. C'est la matière que nous produisons avec nos clients.

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