En 2020, au sortir du premier confinement, beaucoup de salariés se demandaient à quoi servait leur travail, et l'entreprise engagée semblait promise à un bel avenir. Six ans plus tard, l'enthousiasme a laissé place à des attentes plus précises. Les candidats ne cherchent plus des slogans : ils veulent des preuves. Voici ce que disent les études récentes, et ce que vous pouvez en faire.
Le sens du travail reste un critère sérieux
L'enquête mondiale 2025 de Deloitte auprès de plus de 23 000 jeunes de la génération Z et de millennials, répartis dans 44 pays, montre que 89 % des premiers et 92 % des seconds jugent le sens de leur travail important pour leur satisfaction et leur bien-être (Deloitte, mai 2025). Attention toutefois à ne pas en tirer une conclusion simpliste : dans la même enquête, l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée et les perspectives d'évolution passent avant l'apprentissage parmi les raisons de choisir un employeur. Le sens s'ajoute à ces attentes, il ne les remplace pas.
L'engagement pèse dans la candidature, mais pas seul
Selon une étude de Michael Page menée en 2022 auprès de 5 000 candidats en Europe, dont 1 700 en France, 64 % tiennent compte des engagements RSE d'une entreprise lorsqu'ils postulent (Michael Page, mai 2023). Chez les diplômés de niveau bac+5 interrogés par Universum début 2023, seuls 14 % déclarent ne pas prendre la RSE en compte dans leur choix, et 27 % ne travailleraient jamais pour une entreprise qui ne partage pas leurs valeurs (Carenews, février 2023).
Ces mêmes jeunes sont lucides : 38 % seulement estiment que les entreprises qui communiquent sur leur RSE sont réellement engagées, et 58 % leur laissent le bénéfice du doute. Autrement dit, l'engagement attire, mais la communication seule ne suffit pas à convaincre.
Ce qui compte : le social avant tout
Ce que les candidats et les salariés attendent concrètement n'est pas toujours ce que les entreprises mettent en avant. Chez les diplômés Universum, les cinq priorités les plus citées sont toutes sociales : bien-être au travail, égalité salariale, respect des personnes, égalité des chances et soutien à l'emploi des jeunes. Côté salariés du privé, le baromètre Verian de 2025 place en tête la santé et la sécurité au travail ainsi que la qualité de vie au travail, devant l'égalité femmes-hommes, l'égalité des chances et l'éthique des affaires. Les sujets environnementaux, comme le climat ou la biodiversité, sont jugés plus secondaires (Verian, octobre 2025).
Cela ne rend pas l'écologie accessoire, mais cela invite à une question simple : vos engagements les plus visibles sont-ils ceux dont vos équipes ressentent les effets au quotidien ?
Faire connaître ses valeurs : un vrai levier en interne
Le même baromètre Verian, réalisé en juillet 2025 auprès de 1 800 salariés du privé, apporte un enseignement utile : 47 % des salariés déclarent connaître les valeurs affichées par leur entreprise. Parmi eux, 74 % se projettent dans la même entreprise dans trois ans, contre 58 % chez ceux qui ne les connaissent pas. Par ailleurs, 61 % des salariés estiment que leur entreprise a un impact positif sur la société, soit 4 points de plus en deux ans. Ces chiffres sont des corrélations, pas une preuve de cause à effet, mais ils rappellent qu'un engagement commence par être compris de l'intérieur.
Le cadre réglementaire a changé
Si vous avez suivi le dossier de la CSRD, la directive européenne sur le reporting de durabilité, sachez que son périmètre a été fortement réduit. Selon l'accord voté par le Parlement européen en décembre 2025, seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et de plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires sont concernées (IBR-IRE, décembre 2025). Le Conseil de l'Union européenne a donné son accord formel le 24 février 2026 (Business and Human Rights Resource Centre, février 2026). Les États membres doivent encore intégrer ces règles dans leur droit national : pour votre situation précise, vérifiez auprès de votre expert-comptable ou de votre fédération professionnelle.
Pour la grande majorité des PME, aucune obligation nouvelle donc. Mais les candidats, eux, n'attendent pas la loi pour poser des questions.
Comment en parler sans perdre en crédibilité
- Choisissez peu d'engagements, et tenez-les. Mieux vaut deux actions réelles et mesurables qu'une liste de promesses.
- Parlez d'abord aux salariés. Ils sont vos premiers relais, et vos premiers juges.
- Donnez des faits. Ce qui a été fait, ce qui ne l'est pas encore, ce qui reste à améliorer : cette honnêteté rassure davantage qu'un discours parfait.
- Donnez la parole à vos équipes. D'après le baromètre de la marque employeur Welcome to the Jungle et Ipsos, un candidat sur deux fait confiance aux témoignages de salariés (Welcome to the Jungle, octobre 2023).
Et si vos salariés en parlaient pour vous ?
C'est précisément ce que nous faisons chez 1min pour 1job : des témoignages vidéo de salariés, filmés simplement, et un site carrière « Trouve ta meute » où vos engagements prennent un visage. Si vous voulez savoir ce que vos équipes retiennent réellement de vos engagements, un diagnostic marque employeur est un bon point de départ.




